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La 2ème Conférence Afro-asiatiques aura lieu cette année le 22 avril à Djakarta, capitale de l'Indonésie. Il s'agit d'une autre grande rencontre entre les pays en voie de développement d'Asie et d'Afrique, après la première conférence afro-asiatique, appelée aussi « la Conférence de Bandung » qui a eu lieu en 1955 à Bandung, Indonésie. En même temps, les activités pour commémorer le 50 ème anniversaire de la Conférence de Bandung lèveront leur rideau le 24 avril dans l'ancienne salle de Conférence, à Bandung. Comment l'Inde, l'une des nations à l'origine de la Conférence de Bandung, voit-t-elle la portée historique et l'importance actuelle de cette conférence ? Nos correspondants en Inde Huang Zhen et Zhao Xinyu ont interviewé M. V. K. Nambiar, un diplomate indien très expérimenté. Veuillez écouter un reportage intitulé : « Un ancien diplomate très expérimenté parle de la Conférence de Bandung. »
M. Nambiar a été ambassadeur de l'Inde en Chine, puis commissaire de l'Inde aux Nations-Unies. Il est maintenant le Conseiller adjoint de la Sécurité d'Etat de l'Inde. M ; Nambiard a estimé que la conférence de Bandung avait provoqué peu après sa tenue la chute des dominations coloniales dans nombre de pays d'Afrique et d'Asie, et donc l'indépendance de ceux-ci. C'est pourquoi Bandung a marqué l'histoire. M. Nambiard nous a rappelé qu'à ce moment là, les dirigeants des pays d'Asie et d'Afrique se sont réunis à Bandung et ont adopté les Dix Principes régissant les relations internationales dites modernes. Ils se sont efforcés de changer l'ordre mondial établi par les deux superpuisssances après la Seconde Guerre mondiale. Il nous a dit :
« Les Dix Principes régisssant les relations internationales sont basés sur les 5 Principes de la co-existence pacifique. C'est une réaction des pays en voie de développement envers l'ordre international durant la période de la guerre froide. Les 5 Principes de la co-existence pacifique constituaient alors un nouveau concept, un essai pour tenter de changer la conjoncture internationale. Ils espèraient que tous les pays puissent coexister. C'est donc une grande contribution que ces dirigeants d'Asie et d'Afrique ont apporté aux relations internationales. »
L'Inde, étant l'un des pays initiateurs des Cinq Principes de la co-existence pacifique, a donc joué un rôle moteur dans la convocation de cette Conférence de Bandung. M. Nambiar qui a une carrière diplomatique de plus de 40 ans a estimé que les 5 principes de la co-existence pacifique sont également la pierre angulaire des affaires diplomatiques de l'Inde. Il a indiqué que l'Inde est l'un des pays initiateurs du mouvement des non-alignés, et que l'objectif initial de ce mouvement était de maintenir une certaine neutralité, en pleine Guerre Froide, pour éviter d'être mêlé aux conflits des deux superpuissances. M. Nambiar a poursuivi : « Pouvoir juger indépendemment les affaires internationales, respecter le droit des autres pays de choisir eux-mêmes leur propre système politique, et permettre à tous les pays de gérer leurs propres affaires d'Etat. Ce sont les principes élémentaires de la non-ingérence dans les affaires des autres pays. Ces points de vue sont très explicites dans les 5 Principes de la co-existence pacifique. Ces principes ont constitué, et constituent toujours le cadre principal et les principes fondamentaux de la politique étrangère de l'Inde. »
Au cours des 50 dernières années écoulées, le monde a évolué comme jamais auparavant dans l'Histoire. Alors, est-ce que les Dix Principes régissant les relations internationales conclus par la Conférence de Bandung sont encore d'actualité au c?ur de la mondialisation ? M. Nambiar pense que les aspirations et les principes de la co-existence pacifique n'ont pas changé, et qu'ils n'ont donc encore pas périmé. Il souligne qu'on devait s'attacher à bien observer les différences et divergences entre les pays, mais qu'on ne devait pas mesurer ces problèmes avec un seul critère. Certaines régions asiatiques persistent dans la conception d'une souveraineté traditionnelle. C'est une tendance assez courante en Asie. Par conséquent, il faut respecter ces différences, et permettre à ces pays et nations d'avoir leur espace de développement, de sorte qu'ils puissent également réagir en face des défis. Les discussions de la 2ème Conférence afro-asiatique seront centrées sur les problèmes concernant les façons d'apprendre pour conjointement relever ces défis.
M. Nambiar nous a dit :
- « La révolution de la technique informatique et des télécommunications a entraîné une nouvelle conception. Aucun pays n'a dès lors pu éviter les influences extérieures. La reconnaissance de l'existence d'autrui est capitale dans les relations internationales. Par ailleurs, au c?ur de la globalisation actuelle, maintenir les caractéristiques particulières de chaque pays est aussi nécessaire que primordiale . En même temps qu'il faut renforcer le dialogue, il faut établir dans le monde des normes pour nouer et développer les relations internationales d'un type nouveau, basées sur le respect mutuel. Cela souligne à un certain degré l'importance de continuer à maintenir les principes de la co-existance pacifique. Les dirigeants des pays d'Asie et d'Afrique se réunieront pour commémorer la Conférence de Bandung, apprécieront de nouveau toute sa portée, examineront les nouveaux changements survenus dans les relations internationales, et les nouveaux défis auxquels le monde doit faire face. »
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