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    (GMT+08:00) 2005-02-02 11:21:42    
    L'abandon de bébés, un problème social sérieux

    peopledaily
    Au petit matin du 20 octobre dernier, un bébé fut abandonné à Dongzikou, en banlieue de Chengdu, capitale de la province du Sichuan. Autour de lui s'attroupaient de nombreux passants, indifférents. Aucun d'entre eux n'a alerté la police. Quand l'ambulance est arrivée trois heures plus tard, la nouveau-née avait cessé de respirer sur le sol glacial.

    L'abandon d'enfants est devenu en Chine un problème social d'actualité, qui attire l'attention de tout le pays.

    Les bébés rejetés sont généralement ceux qui sont nés hors de la loi de planification familiale ou des bébés handicapés (physiquement ou mentalement). Ils sont de sexe féminin dans la quasi-totalité. Selon le concept traditionnel, une fille ne vaut pas beaucoup à côté d'un garçon.

    Les hospices du Guangxi, une région autonome au sud-ouest du pays, reçoivent chaque année plus de 2 000 bébés abandonnés, a dit Long Zhihua, chef de la division d'assistance sociale du département régional des affaires civiles.

    L'abandon de nouveau-nées a entraîné un déséquilibre des sexe dans cette province. Selon le 5e recensement démographique national effectué en novembre 2000, le rapport était de 126 garçons pour 100 filles, contre une moyenne nationale de 117/100. Il s'est même élevé à 148/100 à Yulin, une ville de la région. Le déséquilibre s'est aggravé du fait que des femmes enceintes ont passé une échographie illicite pour connaître le sexe du f?tus et ont avorté après avoir appris qu'elles portaient une fille.

    « Dans les campagnes, le garçon passe pour le pilier du soutien familial. Si l'on accouche d'une fille, on la donne aux familles sans enfant ou l'abandonne à l'hôpital où elle est née afin de courir la chance d'avoir un garçon sans violer la loi de planification familiale », a expliqué le professeur Liao Mingde de l'université de Médecine du Guangxi.

    L'hospice de Nanning, le plus grand du genre dans la capitale provinciale, révèle que sur les cent enfants qu'il a reçus, il n'y a que huit garçons.

    Ces dernières années, des trafiquants d'enfants ont vu dans ces nouveau-nées discriminées une voie d'enrichissement. Dans un cas de traite d'enfants réglé en 2003 par la police, les 118 bébés avaient été vendus par leurs familles, sauf un, abandonné. Des transactions humaines de ce genre ont été aussi découvertes dans d'autres provinces : le Sichuan, le Henan, le Yunnan et le Fujian.

    Le phénomène d'abandon s'explique aussi par une mauvaise application de la politique de planification familiale, qui prévoit que si le premier enfant d'un couple rural est une fille, il peut avoir un second enfant. Cependant, certains officiels corrompus locaux ont altéré cette politique afin d'obtenir le plus d'amendes possible, en disant qu' « on peut avoir autant d'enfants qu'on veut, tant qu'on verse suffisamment d'argent. »

    Par ailleurs, des failles dans la Loi de planification familiale, la Loi d'adoption et le Code pénal ont rendu inefficaces les sanctions contre l'abandon d'enfants. L'avocat Liang Biao du Guangxi a dit, en citant un cas réglé de traite des enfants, que seuls les trafiquants ont été sévèrement punis, tandis que les parents qui s'étaient débarrassés de leurs bébés n'ont pas été tenus responsables.

    Dans les campagnes où le manque d'instruction et d'information est grave, beaucoup de paysans ignorent que l'abandon d'un enfant constitue un délit, a dit le professeur Hu Guangwei de l'Académie provinciale des sciences sociales du Sichuan.

    Au Guangxi, de nombreux parents ont défaits de leurs bébés non désirés en les laissant devant un hospice, par l'adoption ou par la vente illicite.

    Selon Long Zhihua, actuellement, ce problème est résolu principalement par l'adoption internationale. Jusqu'ici, 90 % des enfants abandonnés de la région ont été adoptés par des foyers étrangers.

    Le ministère des Affaires civiles a demandé de mettre en place davantage d'hospices pour enfants abandonnés dans l'ensemble du pays.

    (Renmin Ribao, version électronique)