|
Le 4e Festival de l'Opéra de Beijing s'est tenu récemment à Shanghai. Il a réuni des milliers d'acteurs de l'Opéra de Beijing venus de tous les coins de la Chine et ont donné en tout une cinquantaine de représentations.
L'Opéra de Beijing « Mi Fu de Xiangyang » est interprété par la Troupe d'Opéra de Beijing de la province du Hubei. Cette oeuvre raconte l'histoire de Mi Fu, un grand calligraphe de la dynastie des Song du Nord (960-1127). Ses nombreux rebondissements et l'utilisation d'un langage très populaire, font de cette pièce, une oeuvre drôle et captivante. Bien que la musique soit toujours de l'air de l'Opéra de Beijing, elle est très agréable à entendre et aussi très lyrique.
En Chine, l'Opéra de Beijing a une histoire longue de plus de 200 ans. A l'époque où l'Opéra de Beijing a atteint son apogée, la Chine avait déjà une centaine d'oeuvres à son répertoire. Certaines d'entre elles sont encore jouées aujourd'hui.
A l'occasion du 4ème Festival de l'Opéra de Beijing, plusieurs pièces classiques comme « La haine du Palais Chu », « Les jeunes de la Famille Yue », « La source de mille plantes » et « Yue Fei et Yang Zaixing » ont été présentées entre autres. Elles ont toutes été très appréciées par les spectateurs de Shanghai, surtout les amateurs d'Opéra de Beijing. Même les jeunes qui préfèrent d'habitude les chansons de variétés ont semblé être conquis.
De nouvelles pièces au thème et au style différents ont été également présentés. Comme « Yu Chenglong », qui nous raconte l'histoire d'un fonctionnaire éminent de la Chine antique. Le décor y est simple mais il laisse libre cours à l'imagination. Les chants sont très mélodieux. La pièce intitulée : « Le banquet de Dongbo » mérite aussi d'être citée. Dès l'année dernière, des dizaines de représentations de cette oeuvre ont été données. Elle a remporté un vif succès mais a été également sujette à controverse. À ce propos, M. Cheng Xinfeng, l'un des responsable de la Troupe de l'Opéra de Beijing de la province du Zhejiang nous a dit : « Dès le début, nous souhaitions faire passer un message aux spectateurs. Nous voulions abandonner les vieilles formules de l'Opéra de Beijing, pour essayer de toucher davantage les jeunes. L'Opéra de Beijing est très traditionaliste et conservateur. Il utilise une façon de chanter particulière. Ce qui ne veut pas dire que rien n'est modifiable. Nous avons donc adopté les airs de d'autres opéras locaux et nous avons même utilisé les dialectes. Et sur la scène, nous n'avions que 6 chaises comme décor, ce qui permettait de laisser libre cours à l'imagination des acteurs et des spectateurs. »
Su Dongpo était un grand homme de lettres de la dynastie des Song, il y a plus de 900 ans. A deux reprises, il a été nommé fonctionnaire à Hangzhou. À ces occasions, il a réaménagé le Lac Xihu, tout en nous laissant plusieurs sites pittoresques et des poèmes. La pièce de l'Opéra de Beijing « Le banquet de Su Dongbo » nous évoque les efforts déployés à l'époque par Su Dongpo pour récupérer des fonds afin de réaménager le Lac Xihu. Cette pièce se divise en sept actes, et le nom de chacun de ces actes a un rapport avec un plat de Su Dongpo. Citons par exemple, « le Vin de Dongpo », « le Poisson de Dongpo », « le fromage au soja de Dongpo » et ainsi de suite. Le scénario, la mise en scène, la musique et les décors ont été choisis de manière audacieuse. Surtout, certaines scènes comiques ont été intégrées dans la pièce, ce qui se différencie totalement des pièces classiques d'Opéra de Beijing classiques. La sortie de cette pièce a eu un grand retentissement dans l'univers de l'Opéra de Beijing en Chine.
L'Opéra de Beijing est en quelque sorte représentant de l'art de la Chine. En effet, il constitue l'essence de la culture chinoise. Les visages peints de l'Opéra de Beijing sont aujourd'hui connus du monde entier. Vivants et colorés, ils représentent les différents personnages que les acteurs doivent interpréter. De plus, concernant les paroles, on y adopte souvent le meilleur de la poésie et de la prose chinoises. Mais par rapport à il y a une centaine d'années, la Chine a connu de grands changements tant sur le plan politique que sur le plan économique et culturel.
Les jeunes spectateurs ont grandi dans un environnement de haute technologie, au rythme d'un développement accéléré et d'un pluralisme culturel. Leur mentalité est donc tout à fait différente de celle des vieux amateurs d'Opéra de Beijing qui continuent à agiter leur éventail, fredonner les airs et battre la mesure au son d'une pièce d'Opéra de Beijing. Mais cette image semble obsolète désormais. C'est pourquoi les professionnels de l'Opéra de Beijing essaient de s'adapter à la société actuelle.
M. Gong Hede travaille à l'Académie des Arts de Chine. Il a fait des recherches sur l'Opéra de Beijing pendant une trentaine d'années. Actuellement, il participe à la rédaction de l'Encyclopédie sur l'Opéra de Beijing de Chine ». Ecoutons M.Gong Dehe au micro de RCI : « Nous espérons que l'Opéra de Beijing se développe encore plus. Nous nous efforçons d'associer le classicisme et le modernisme à l'opéra de Beijing. Nous allons donc continuer à valoriser les pièces qui font partie du répertoire classique tout en créant de nouvelles pièces. Tout cela permettra à l'Opéra de Beijing de se faire connaître de nouveau.»
En 1995, le Ministère chinois de la culture a instauré le « Prix des chrysanthèmes d'or » pour récompenser les particuliers et les institutions qui ont contribué à la renaissance de l'Opéra de Beijing et a décerné le prix à l'occasion du Festival. Cette année, le Japonais Tsuda Tadahiko, un vrai passionné d'Opéra de Beijing a été l'un des lauréats. Ses jeunes compatriotes le surnomment « Oncle de l'Opéra de Beijing ». En 1986, il a organisé la première représentation spéciale d'Opéra de Beijing à l'intention du jeune public japonais. Par la suite la Chine et le Japon ont passé un accord pour offrir aux jeunes Japonais, une ou deux représentations par an.
Depuis, 19 années ont passé, durant lesquelles une quarantaine de représentations de ce genre a été donnée. 16 troupes chinoises d'Opéra de Beijing ont fait une tournée au Japon et ont donné en tout 1334 représentations au public japonais. A ce propos, nous allons entendre M.Tsuda Tadahiko : « J'adore l'Opéra de Beijing. Je suis sûr que cet art pourrait être accepté par le public japonais. Et c'est pour ça, je fais tout pour faire accepter davantage cet art au public japonais.»
(Yannine)
|