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Wang Zhengxin, un écolier de 5e année de l'école primaire de Xueyuanlu à Beijing, s'intéresse beaucoup à la récitation des livres classiques. « C'est vraiment amusant », dit-il avec un sourire.
Croyez-le ou non, le garçonnet peut réciter le texte de 1 700 caractères La Grande Étude en huit minutes et sans erreur. Cette ?uvre importante du confucianisme est l'ouvrage de Zeng Shen, un des disciples les plus remarquables de Confucius (551-479 av. notre ère).
« Je peux non seulement le réciter, mais aussi le comprendre dans l'ensemble », dit-il avec fierté.
À l'école de Wang, 300 de ses camarades peuvent aussi réciter des classiques écrits en chinois ancien, difficile à comprendre même pour les adultes. Jin Yuzhu, directrice des études, a dit que depuis quatre ans son école encourage les élèves à mémoriser des textes anciens célèbres. L'année dernière, Les Analectes de Confucius et La Grande Étude ont été officiellement adoptés comme manuels pédagogiques.
« Nos enfants ont un cours de classiques par semaine », dit-elle. Et d'ajouter : « Tous les mois, nous vérifions leur progrès en récitation. »
Leçons morales
Les ?uvres classiques imbues de valeurs traditionnelles sont devenues une partie de l'éducation de la jeunesse dans plusieurs régions du pays. L'école Zhuoya à Shenzhen, dans le sud de la Chine, exige que ses écoliers arrivent une demi-heure avant les cours pour lire des classiques.
À Xuzhou, dans la province du Jiangsu, Yi Jing a lancé en juillet un cours de formation sur la culture traditionnelle de la Chine pour les écoliers.
« C'est un triste fait que beaucoup d'enfants connaissent l'Oncle McDonald et croient au Père Noël, mais qu'ils soient dans le noir au sujet de la culture traditionnelle du pays, dit Yi. « J'ai ouvert un cours, ce n'est pas un soi-disant retour aux anciens, mais simplement une tentative d'aider à former le caractère des enfants. »
Craignant que la civilisation de 5 000 ans se perde pour les enfants d'aujourd'hui, Yi espère que son cours d'été favorise la présentation de classiques aux enfants. Elle estime que les classiques contiennent de riches principes philosophiques et moraux. Ils peuvent guider leur développement et instiller le sens des valeurs sociales.
« Nous espérons que la culture traditionnelle élève les enfants et jette la base de leur développement moral. Nous essayons de faire accepter à la nouvelle génération la quintessence de la culture traditionnelle pour purifier leurs esprits », dit Yi.
Un père qui amène son enfant au cours de Yi dit espérer que le cours gardera son enfant loin des jeux vidéo et le formera à l'affection, au respect des parents et au sens des responsabilités.
Des programmes semblables sont ouverts à Guangzhou, capitale de la province du Guangdong, en Chine du Sud. Une série de cours libres sur les classiques chinois ont été organisés dans l'arrondissement Yuexiu, à l'intention des enfants de 2 à 5 ans. Le plus âgé a 10 ans. Les Analectes de Confucius, La Grande Étude, Le Vieux Maître et le Classique de la Piété filiale sont les manuels au programme. Bien que les enfants soient incapables de les comprendre, ils déclament avec intérêt les textes à haute voix avec le professeur.
La fille de Li Wuming, la plus jeune de la classe, a deux ans et deux mois. À partir d'un an et huit mois, sa mère l'a amenée au cours. À la maison, la fille regardait aussi des vidéos liés aux classiques. Ainsi, elle absorbait des classiques trois à quatre heures par jour. Peu après, sa mère a remarqué que sa capacité d'expression en chinois était beaucoup meilleure que chez les autres enfants du même âge. Maintenant, elle projette de lui laisser suivre le cours plutôt que de l'envoyer au jardin d'enfants.
D'après Sun Yunxiao, directeur adjoint du centre d'études sur les enfants de Chine, les enfants peuvent facilement mémoriser les textes, même s'ils ne les comprennent pas complètement. Ils en bénéficieront pendant toute leur vie.
Néanmoins, quand on demande si les enfants montrent un intérêt particulier au cours, la plupart des parents admettent qu'ils doivent les pousser.
« Ce serait mieux si nous pouvions éveiller le véritable intérêt des enfants », dit Shen Heyong, tuteur de postulants au doctorat en psychologie appliquée à l'Université normale de la Chine du Sud. « Réellement, beaucoup d'articles anciens sont très rythmiques et donc faciles à mémoriser. Comme chanter, lire de tels textes peut être amusant. Une fois qu'ils trouveront la récitation des classiques intéressante, ces enfants s'adonneront de leur propre chef. »
Le professeur suggère aussi que les parents ne prennent pas les choses trop sérieusement. « Personne ne trouvera extraordinaire qu'un enfant de deux ou trois ans psalmodie des comptines, dit-il. Cependant, les gens considèrent souvent la lecture de classiques comme une affaire sérieuse. Mais les enfants la prennent peut être pour un jeu. Donc, s'ils ne sont pas forcés de le faire, que leur développement de la parole n'est pas entravé et que les enfants bénéficient inconsciemment de ces classiques, je peux accepter cette expérience. »
Les services d'éducation de certaines régions commencent à populariser cette méthode. La province de l'Anhui et la municipalité de Chongqing tentent des essais dans des écoles. Une collection de 19 classiques traditionnels de 150 000 caractères chinois a été publiée par la maison d'édition de l'Enseignement supérieur et adoptée comme manuels scolaires supplémentaires.
Des statistiques partielles montrent que les enfants de 5 millions de familles dans plus de 60 villes chinoises mémorisent des classiques. La passion des classiques est aussi courante chez les étudiants d'université.
Étude du confucianisme
Confucius est le philosophe et l'éducateur le plus renommé et influent de l'antiquité chinoise. Les théories de l'école confucéenne représentent les grandes lignes de la culture traditionnelle chinoise ; elles ont joué un rôle important et exercé une influence profonde dans la formation et le développement des valeurs chinoises. Cependant, le confucianisme a subi une négation totale de certaines gens dès le début du siècle dernier. De nos jours, de plus en plus de gens reviennent au confucianisme. Même des étudiants d'université et des intellectuels formés en Occident cherchent maintenant la sagesse de Confucius.
« Comme lieu de naissance de Confucius, Qufu est intrinsèquement lié à sa philosophie », dit le Pr. Tian Dequan, doyen de l'École normale supérieure de Qufu (ENSQ). « C'est un devoir pour l'ENSQ de devenir une base de rayonnement de l' excellente culture traditionnelle. »
« Nous voulons établir une base culturelle solide et, en même temps, espérons avoir quelques conseils sur la formation de notre propre caractère », dit Han Tao, étudiant de l'ENSQ. L'ENSQ offre maintenant un cours de culture traditionnelle qui, selon lui, aidera les étudiants à forger leur caractère.
Le Pr. Zhang Lixing, chargé du cours de culture traditionnelle, note : « Le cours ne vise pas simplement à faire connaître aux étudiants la tradition chinoise. Nous essayons plutôt d'interpréter les concepts et les vertus essentiels de la culture traditionnelle dans l'atmosphère de la société contemporaine. »
L'université du Peuple de Chine, à Beijing, est le premier établissement d'enseignement supérieur à installer un institut du confucianisme. Le doyen de l'université et président honoraire dudit institut, Ji Baocheng, déclare que « cela amplifie nos efforts de rayonnement de la quintessence du confucianisme, aussi bien que de la culture traditionnelle chinoise. »
L'institut compte plusieurs savants confucéens et professeurs éminents. Ils travaillent actuellement à la publication de Ruzang, une collection sur le confucianisme. Cette année marque le 2 555e anniversaire de Confucius. L'institut et le Centre éducatif des classiques Sihai de Beijing ont récemment organisé le « Mois de la culture confucéenne », pour populariser la culture traditionnelle sur le campus comme à l'extérieur.
Une source de sagesse
Beaucoup de jeunes diplômés d'université sont eux aussi obsédés par les classiques. Zhang Xun, âgé de 36 ans, est l'un d'eux. Il est maintenant chef de division d'une compagnie de produits de beauté célèbre à Guangzhou. Tous les matins, il arrive à son bureau une heure d'avance pour lire les Analectes de Confucius.
« J'ai absorbé ce livre pendant onze mois, dit Zhang. Après l'avoir lu et relu, il me semble renaître. » Dans sa vie courante, il attache de l'importance aux traditions. Par exemple, il observe toutes les fêtes traditionnelles même celles qui attirent peu l'attention publique. Les festivités le rendent joyeux et embellissent sa vie.
De temps en temps, Zhang et ses amis se rassemblent dans un salon de culture traditionnelle où ils échangent des idées et citent des passages des classiques qu'ils ont lus. Zhang visite souvent des monuments historiques. Il s'est fait beaucoup d'amis qui ont un goût marqué pour la culture traditionnelle.
Sous l'influence de Zhang, les employés de la division ont commencé à lire des classiques traditionnels.
« Je repoussais ces vieilleries, dit Qiu Liqun, un des employés de la division de Zhang. Cependant, après avoir lu quelques classiques, je me rends compte que les anciens étaient satisfaits parce qu'ils attachaient beaucoup d'importance à la culture morale. Détachés de la célébrité et de la richesse, ils avaient un état d'esprit beaucoup plus paisible que nous. Apprendre des classiques m'a permis d'évoluer spirituellement », clame-t-il.
Un signe de renaissance
« Tout cela est un signe que la culture traditionnelle se ranime et commence à jouer un rôle dans la société », signale Jiang Qing.
Jiang, 51 ans, était professeur de droit de l'université de Sciences politiques et juridiques de Chine du Sud-Ouest, puis de l'Institut d'administration de Shenzhen. Il a pris sa retraite en 2001 pour commencer à enseigner le confucianisme dans sa région natale de la province du Guizhou. Il étudie actuellement à Longchang où Wang Yangming, le savant confucéen célèbre du XVe siècle, a étudié le confucianisme et maîtrisé sa quintessence.
Les doctrines confucéennes anciennes inspirent maintenant tous les gestes de Jiang. Récemment, il a invité des savants éminents, y compris Kang Xiaoguang, Chen Ming et Sheng Hong, à délibérer sur le confucianisme de nos jours. Au cours de ce forum, plus de cents sujets confucéens ont été abordés.
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