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    (GMT+08:00) 2004-10-21 15:45:12    
    Une commémoration perpétuelle

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    C'est la grande cérémonie pour vénérer le sülde noir, cérémonie qui doit avoir lieu tous les 12 ans, à l'occasion de l'année du Dragon. Le sülde est l'étendard qu'arborait l'armée mongole dans l'Antiquité. Il symbolise l'invincibilité de cette armée. À l'occasion de l'année du Dragon, le sülde doit faire le tour de toutes les bannières de l'Ordos pour s'arrêter enfin à Minggaishu; c'est là où doit avoir lieu la cérémonie de commémoration.

    On dit que, lors d'une expédition, Gengis Khan n'aurait rencontré que des échecs. Il aurait alors enlevé la selle de son cheval, l'aurait inversé et placé devant le Ciel pour le prier de l'assister. À ce moment-là, on aurait entendu soudain un son très fort, puis une lance divine serait descendue du Ciel. Celle-ci serait tombée sur un arbre dont les branches et les feuilles étaient exubérantes. Par la suite, Muhuali, un général de Gengis Khan, l'aurait descendue de l'arbre. Alors, Gengis Khan aurait ordonné de décorer la lance de franges confectionnées avec les crinières de 81 chevaux et de rendre hommage à cette lance en immolant 81 moutons. Dès lors, le sülde est devenu l'étendard de l'armée mongole. Les descendants du général Muhuali ont été chargés de le tenir haut levé et de le sauvegarder jusqu'aujourd'hui.

    Garidi, est Darhut. Il nous a dit: « Nous sommes descendants de Muhuali, grand général de Gengis Khan. Notre famille est chargée de la commémoration du sülde. Nous l'avons gardé depuis des générations, ainsi que les deux chevaux de race et les selles qu'avait utilisés Gengis Khan. »

    Dans la langue mongole, darhut signifie quelque chose de sacré. Selon les experts, les Darhut ont été désignés dans les Cahiers jaunes de Kubilay. Parmi ses 400 000 hommes appartenant aux divers corps armés, Kubilay a choisi les Darhut pour garder et honorer le mausolée de Gengis Khan. Au sein des Darhut, la répartition des tâches et des fonctions est très stricte, et cela dure depuis plus de 700 ans.

    Gurizhabu est Darhut lui aussi.  Il nous a dit: « Je suis la 38e génération de Bowoershu, grand général de Gengis Khan. Ma mission est de psalmodier le canon céleste. Les 12 canons célestes qu'on chante lors de la commémoration sont transmis depuis des générations au sein de la famille. Je suis de la 38e génération, mon fils, de la 39e et mon petit-fils, de la 40e. »

    Le petit-fils de Gurizhabu a 7 ans cette année. Auprès de son grand-père et de son père, il doit apprendre à chanter à l'occasion de chaque cérémonie de commémoration. En fait, c'est dès le jour de leur naissance que les Darhut se voient confier le devoir sacré de protéger le mausolée de Gengis Khan. Il a dit:« Lorsque j'étais jeune, je ne voulais pas le faire. À l'époque, j'allais à l'école et je pensais que le fait d'apprendre tout cela ne me servirait à rien. En plus, je ne comprenais pas ce qu'on chantait. Mon père m'a puni et m'a appris à chanter. Apprendre à quelqu'un à psalmodier le canon céleste doit se faire en secret. Alors, mon père m'emmenait à des endroits où il n'y avait personne. Le canon céleste est destiné au Saint Maître; on ne peut donc pas le chanter n'importe où. »

    Les canons célestes éternels, que l'on psalmodie lors de la commémoration, sont des éloges funèbres transmis en secret depuis l'Antiquité. Personne n'est parvenu à les décrypter jusqu'à maintenant. Entre autres, avec tous ces rituels de commémoration de la mort de Gengis Khan, on peut constater que l'ethnie mongole perpétue une civilisation aussi riche que variée.

    Les cérémonies pour vénérer Gengis Khan ont été officialisées sous le règne des Yuan. Chaque année, on doit organiser quatre grandes cérémonies de commémoration, une à chaque saison. La cérémonie qui doit avoir lieu au printemps est appelée Chagansuluke; elle se déroule, chaque année, le 21 du troisième mois du calendrier lunaire chinois. En mongol, Chagansuluke veut dire Jument blanche. Selon la légende, Gengis Khan aurait vénéré le Ciel ce jour-là en versant du lait de 81 juments blanches. Nur signifie lac en mongol. Donc, en été, quand on organisait la cérémonie de Nur, c'est qu'on voulait offrir au Ciel et au Saint Maître les premiers laits de l'année que l'on voyait onduler comme des eaux de lac. En ce qui concerne l'automne, on dit que c'est la saison au cours de laquelle on ne trait plus de lait; les poulains peuvent alors téter autant de lait qu'ils veulent. À l'occasion de la cérémonie qui a lieu en hiver, on vénère une ceinture en cuir. On dit que cette ceinture a un lien avec Gengis Khan. À part ces commémorations majeures, on compte encore des dizaines d'autres formes de commémoration tout au long de l'année.

    Burenbatu est professeur à l'université de la Mongolie intérieure. Il a dit:« De l'Antiquité à nos jours, les Mongols n'ont cru qu'au Ciel éternel et à Gengis Khan. La fusion de ces deux croyance constituentle fond et la quintessence de la culture de l'ethnie mongole »

    Les Mongols sont chamanistes. Le culte au Ciel fait partie du dogme chamaniste. À part le mausolée de Gengis Khan, à Ordos, on vénère aussi le Ciel, le feu et Aobao, un amas de pierres servant à la prière.

    On dit que Gengis Khan est né le premier jour du premier mois d'hiver selon le calendrier d'Ordos. À l'occasion du troisième jour de ce mois, qui est le troisième jour du dixième mois selon le calendrier lunaire chinois, se tient la commémoration de la ceinture en cuir. On dit qu'après la naissance de Gengis Khan, on l'aurait déposé dans un maillot qui aurait été enserré par une ceinture en cuir de mouton. Aujourd'hui, si l'on tient toujours à commémorer cet événement, c'est pour souhaiter à Gengis Khan et à ses épouses de bien passer l'hiver.

    À l'occasion de quatre grandes commémorations de la mort de Gengis Khan, on doit aussi vénérer le sülde qui était l'étendard de l'armée mongole dans l'Antiquité, afin de chasser les démons et de prier pour la paix.

    (Yannine)